Dépression et Trouble Dissociatif de l’Identité – P2

Source :DiscussingDissociation – Depression and Dissociative Identity Disorder, part 2

La dépression peut être réellement débilitante.
Soigner vos traumatismes sera fondamental pour surmonter les effets de la dépression chronique.

Bienvenue dans la seconde partie de “Dépression et troubles dissociatifs de l’identité” (partie 1). Ici, je vais continuer la liste des conseils sur la manière de traiter spécifiquement la dépression chronique chez les survivants avec TDI :

8. Quand la mémoire refait surface, les ressentis refont aussi surface. Exprimer ses émotions de façon sincère est la clé pour traverser la dépression.
Pleurer des larmes de chagrin, crier sa colère, trembler de peur peut vous faire vous sentir mal à l’aise, mais retenir ces émotions réelles et intenses en vous créera une dépression sur le long-terme. Autoriser ces émotions à sortir en toute sécurité et à des moments appropriés vous aidera, même s’il s’est écoulé des années après l’évènement qui a déclenché ces émotions.

9. Dans un moment approprié, laissez les autres parties de votre système dissociatif apprendre ce que détiennent les parties dépressives.
Vaincre les barrières dissociatives en partageant les informations entre les parties du système est d’une importance critique dans votre guérison sur le long-terme. Plus votre système  partagera ses informations entre ses membres, plus vous pourrez travailler ensemble sur la guérison. L’histoire complète n’a pas besoin d’être partagée immédiatement avec tout le monde. Toutefois, garder pour soi certaines informations dissociées continuera de créer une cause sous-jacente de dépression chronique.

10. Vos émotions ont besoin de beaucoup, beaucoup de temps. Parlez, pleurez, dessinez, écrivez, vocalisez ce que vous ressentez.
Exprimez-vous de façon appropriée tant que vous ressentez ces émotions. Si vous gardez vos émotions à l’intérieur depuis des années, cela prendra du temps pour que ces sentiments soient traités. En parler une fois ou deux ne sera pas suffisant. Repoussez vos sentiments à l’intérieur et ne pas les exprimer créera encore plus de dépression. Bien qu’apprendre à exprimer vos émotions soit un nouveau territoire à explorer, c’est une étape nécessaire.

11. Instaurez de nouvelles règles pour exprimer vos ressentis.
Par exemple, par le passé, quand vous risquiez d’être blessé par vos abuseurs, vous avez appris que ce n’était pas une bonne idée d’exprimer de la colère contre ceux qui ont violemment abusé de vous. Et oui, dans ce même temps, lorsque vous étiez susceptibles d’exprimer vos blessures à vos abuseurs, il était plus sûr pour vous de garder en vous vos sentiments de colère. A ce moment-là, il s’agissait d’une bonne décision. Toutefois, maintenant que vous êtes loin de vos abuseurs, et que le risque d’un nouvel abus n’est plus d’actualité, il est à la fois essentiel et bon d’exprimer la colère à propos des comportements atroces et criminels de vos abuseurs. Votre guérison nécessitera que vous vous rappeliez de vous adapter à chaque circonstance, ce qui comprendra la création de nouveaux moyens d’expression.

12. Apprenez à diriger votre colère sur une cible appropriée, même si cela signifie commencer avec une cible non-nommée.
Parlez avec votre thérapeute des techniques d’expression de la colère qui vous autorisent à vocaliser sans blesser personne. Apprendre à exprimer vos ressentis ne vous donne pas le droit de vous emporter sur autrui. Plus vous pouvez exprimer votre colère directement sur les abuseurs qui vous ont blessé, plus cela sera effectif. De même, diriger votre colère sur la mauvaise cible (càd : quelqu’un qui n’a pas été responsable des abus et des blessures) vous créera davantage de problèmes, en plus de blesser beaucoup de personnes innocentes. Par exemple, être en colère contre votre enfant ou votre thérapeute ne résoudra pas la colère que vous ressentez contre vos parents.

13. En complément du conseil #12, soyez prêts à apprendre des choses sur les transferts, projections, déplacements d’émotion, etc.
Les survivants qui ont traversé des années d’émotions réprimées à cause de contraintes et d’abus auront réellement besoin de s’entraîner à exprimer leurs émotions correctement, et auront besoin d’apprendre quand ils dirigent mal leurs émotions. Tous les survivants qui n’étaient pas autorisés à exprimer directement leur colère ont naturellement appris à déplacer leurs manifestations de colère ailleurs. Réalisez que vous continuez à faire cela. Soyez conscients du fait que vous pourrez exprimer votre colère sur des cibles sûres. Ces erreurs sont à prévoir, et ce n’est pas une « faute » de votre part, mais il est toujours de votre responsabilité d’apprendre à préciser vos cibles. Faire l’erreur de blâmer la mauvaise personne ne fera que s’ajouter à votre dépression. Cela laissera les sentiments profonds non-traités, non-adressés et non-cicatrisés, créant ainsi les bases d’une dépression et d’une douleur persistante.

14. Remplacez les années de trauma et d’abus avec les gens que vous aimez et avec les activités que vous appréciez.
Une fois que votre vie est pleine de joie, et de choses plus significatives, vous ne vous sentirez plus autant dépressif. Cela n’arrivera probablement pas rapidement ni facilement, et vous devrez sûrement apprendre comment vivre à nouveau. Cela pourra se faire sentir comme si vous viviez pour la première fois. Vous pourrez apprendre à aimer, ou comment ressentir la joie, ou comment jouer, ou comment pardonner, ou comment explorer, etc. Plus vous pouvez remplir votre vie d’activités que vous choisissez vous-même, moins vous vous sentirez dépressif.

15. Soyez sûr d’encourager toutes vos parties intérieures d’avoir leur propre processus de guérison.
Laissez chacun d’eux travailler sur leurs propres traumas, leurs propres ressentis, et laissez chacun d’eux trouver de nouveaux intérêts positifs dans leur vie. A chaque part de vous qui ressentira moins la dépression, ce sera la totalité d’entre vous qui ressentira moins la dépression. Si vous laissez seulement certaines parties se soigner, l’intégralité de votre groupe sera toujours affecté par les parties qui n’ont pas eu la chance de travailler sur leur guérison. Souvenez-vous, aussi séparé et divisé vous pouvez vous sentir, vous êtes toujours tous connectés à travers le même corps et le même cerveau. Pour passer complètement par-dessus la dépression, toutes vos parties doivent avoir une chance de passer au-dessus de leur douleur.

En d’autres termes, et de mon avis, vous continuez de vous battre contre la dépression si vous n’avez pas résolu les problèmes liés à votre trauma. Si vos symptômes dissociatifs ont un impact significativement négatif sur votre capacité à fonctionner, la probabilité que vous ayez un trouble de la dépression majeure est également présent.
Il est vrai qu’il doit y avoir d’autres raisons à votre dépression en plus de votre trauma.
Toutefois, il n’est pas risqué de penser que si vous n’avez pas résolu vos problèmes liés au trauma, vous êtes certainement en état de dépression chronique. Et moins vous garderez de problèmes non-résolus à propos de votre trauma, moins vous serez dépressifs.

Alors… allez travailler sur vos problèmes liés à votre TDI et votre trauma. Vous vous sentirez bien mieux ensuite !

Je vous souhaite le meilleur dans votre voie vers la guérison.

Chaleureusement,
Kathy.

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